dimanche 9 avril 2017

50 nuances de FAKENEWS

Qui a l'autorité de déterminer ce qui est ou pas une fausse nouvelle (couramment marquée par #FAKENEWS)? Une opinion ou même une nouvelle avec laquelle un média est en désaccord en fait-elle une fausse nouvelle? Une information erronée reprise par erreur sur un blogue, en fait-elle un vecteur de communication et d'opinion malhonnête? Si oui, est-ce la même règle du milieu médiatique pour un grand média traditionnel?

(dernière modification : 2017-04-12)

Le problème n'est pas d'avoir des opinions et des convictions. C'est de faire croire que l'on n'en a pas. Dans les faits, les grands médias aussi composent et recomposent l'information.

Dans le concept du terrorisme, il n'existe pas ce que l'on désigne par la métaphore du «loup solitaire».
Crédits photo : capture image, éditée et modifiée, tirée de Youtube https://youtu.be/Ivj8qVOq9ug


Par exemple, si l'on ferme une page web très fréquentée qui diffuse des fausses nouvelles sur certains sujets particuliers, fermera-t-on aussi un média, lorsque lui aussi diffuse des fausses nouvelles sur certains sujets particuliers ou s'il ne couvre pas des aspects de l'information, à l'encontre des préférences des journalistes?

Côté lumineux et côté sombre...


L'image ci-dessous montre un extrait de statistiques de pages vues sur le blogue YaPasDePRESSE suite à ce qui semble un changement des algorithmes de recherche  entre le 3 et le 4 avril 2017. Je suis un habitué des corrections négatives, dès que mon blogue connaît une nouvelle croissance significative (ex. quand il triple ou quadruple les visites sur plusieurs jours). 

Extrait de statistiques de pages vues sur le blogue YaPasDePRESSE avant et après ce qui semble un changement des algorithmes de recherche durant la transition du 3 au 4 avril 2017 (source : YaPasDePresse.blogspot.ca).

Les algorithmes de recherche peuvent être utiles en ce qu'ils affinent une recherche, par exemple ils peuvent:
  • privilégier en premier les sites de la région du client
  • faire sortir les plus récentes publications sur une recherche par mots clés
  • favoriser le contenu original, autrement dit qui n'est pas qu'une reprise des articles des médias ou autres  sites 
  • donner avantage aux publications ne contenant pas de très longs textes
  • etc.

Mais du fait que les algorithmes de recherche et de classement peuvent favoriser certaines caractéristiques, ils peuvent aussi induire un biais et une censure indirecte (ou directe et intentionnelle) en pénalisant les sites présentant certains attributs ciblés. On peut penser par exemple aux désavantages ou pénalités pour les sites ou canaux
  • offrant des opinions ou publications plus conservatrices politiques, économiques ou sociales 
  • présentant une attitude critique envers l'islam radical et la charia politique
  • présentant des essais ou des articles ou réflexions de fond, donc volontairement plus longs (ex. courts essais sociopolitiques)
  • non retenus par l'algorithme pour une recherche en français originant d'un serveur d'une autre région du monde  
  • manifestant une opposition au globalisme qui vise à retirer l'autonomie et l'autorité morale aux gouvernements nationaux et par la bande, à leurs électeurs
  • etc.

Autrement dit, entre algorithmes et manipulation, il n'y a pas de limite définie


Chaque limite est sujette a un débat quasi-infinie ou la solution peut être très temporelle car sujette à la saveur du mois.  Surtout dans nos sociétés occidentales postmodernes relativistes.

Se servir des contributeurs gratuits du web


Une grande plateforme, comme les grands réseaux sociaux, a besoin de la contribution des producteurs ou auteurs volontaires (non rémunérés) pour se bâtir un important membership se comptant en millions de membres. Ceci lui confère une valeur de revente ou une valeur en bourse. Mais en même temps, le réseau social peut ne plus vouloir des sites à l'encontre des positions idéologiques en demande ou en croissance, particulièrement en matière de sociopolitique. Les manipulations quasi-infinies des algorithmes de recherche peuvent donc les plomber pour limiter leur influence, sans les annihiler. Si Trump avait choisi d'utiliser Facebook plutôt que Twitter des mois avant 2016, il aurait été pénalisé à répétition pour ses idées, à moins d'acheter du classement, comme sont actuellement pénalisés les contributeurs de contenus gratuits de tendance plus conservatrice dans les démocraties occidentales, où de plus en plus souvent, les juges réécrivent les lois, plutôt que de les appliquer.

Se servir de la science 


Si l'habit ne fait pas le moine, ni le sarrau de laboratoire, ni l'utilisation du vocabulaire de science ne font le scientifique. Alors que la science peut servir d'argument pour censurer certains blogueurs ou publications alternatives (articles, vidéo, multimédia), cette même science est aussi malmenée dans le processus comme on le voit depuis quelques années. Que faire face à la dénaturation de la méthode scientifique?  Par exemple, en 2014, la BBC annonce fièrement qu'elle ne diffusera plus les points de vue scientifiques minoritaires. J'ai écris tout un dossier à ce sujet (1), sur les conséquences prévisibles voire dangereuses, touchant par exemple à la santé, par une censure malhonnête pour protéger une idéologie consensuelle tuant tout débat.


Quand une philosophie s'improvise science: l'exemple de l'idéologie du genre (théorie du genre)


Parlons science avec un exemple concret. Le genre sexué humain (mâle, femelle ou homme, femme) est scientifiquement parlant, déterminé par les chromosomes X et Y. C'est l'exception qui va faire qu'une personne va contester ce fait. Mais il y a des pressions croissantes relevant davantage de la philosophie que de faits scientifiques, pour maintenant en faire une règle: le sexe d'un individu (le genre) ne serait plus déterminé par les chromosomes X et Y.  En réalité, on confond préférences sexuelles ou choix sexuels et genre.

Crédits image: André-Philippe CÔTÉ, 19 mai 2016 https://www.facebook.com/AndrePcote/


C'est pourtant aussi non-scientifique que de dire que tout le monde peut être une personne de petite taille.


Image trouvée sur Twitter, compte Photos Histoire, @PhotosHistos, 31 janvier 2017 

Mais si l'idéologie réussit à s'imposer socialement, les algorithmes de recherche et de classement (manipulation des résultats et des popularités des auteurs et canaux) suivront. Ça, ce n'est pas l'approche scientifique. C'est ici que l'on atteint la limite du web libre. Ce n'est pas une réalité qui importe, mais son poids.  


Autres nuances de fausses nouvelles (FAKENEWSou manipulations volontaires, incluant le silence-nouvelle OU la non-couverture stratégique ou idéologique

  • Lorsqu'un média "mainstream" donne la moitié de l'information, est-ce une vraie nouvelle?
  • Lorsque dans ses articles courants, un média dit pour quel candidat voter aux élections nationales (président, premier ministre), comme on l'a vu aux États-Unis en 2016, est-on toujours dans la sphère de l'information ou de la partisanerie?
  • Lorsqu'un média fait de la sélection abusive d'information (ex. couvrir une manif de 80 individus et ne pas couvrir une de de 2500 personnes), n'est-ce pas de la désinformation, que de ne pas parler de la principale qui représente un courant moins populaire dans la gauche? 
  • Quand une majorité de journalistes du Québec sont de même tendance (ex. plutôt de gauche), peut-on encore parler de neutralité?

Un article de Julie Miville Dechêne souvent repris, est disparu du site de l'asso des journalistes. Belle ouverture aux opinions... L'ex-Ombudsman de la SRC (Radio-Canada francophone du Québec, 2007-2011) Julie MIVILLE-DECHÊNE avait écrit ceci, dans le cadre d'une réflexion suscitée par les journalistes québécois en mai 2009:

«Ces Québécois « de souche » ont surtout étudié les sciences humaines et ont été contestataires dans la mouvance nationaliste et/ou de gauche. Souvent, leur façon de voir le monde comporte, par exemple, les éléments suivants : préjugés favorables envers les syndicats, antiaméricanisme, anticléricalisme, etc. [...] Remarquez que ce phénomène du « trop petit nombre » ne touche pas la classe journalistique plus que les autres. La preuve nous en est donnée chaque jour par les médias lorsque nous écoutons les experts sollicités pour nous éclairer. Les mêmes têtes reviennent.» (2)

Erreurs non corrigées et professionnalisme


Quand des erreurs relevées par un média ne sont pas corrigées et continuent d'être véhiculées, on ne peut faire qu'un constat: l'information n'est souvent que relayée des agences de presse sans recherches approfondies par les médias qui les reprennent.

Par exemple, lors de la révolution égyptienne qui a mené à l'élection du président Morsi, des médias aussi importants que ICI Radio-Canada étaient présents et célébraient plus de libertés pour le peuple.

  • Mais il fallait une radio privée de Québec pour diffuser la traduction de Psaumes antisémites scandés dans la foule. 
  • Il fallait des réseaux sociaux dits de droite, pour dénoncer les viols collectifs commis sur des femmes en pleine manifestation (actes de prédation entourés d'une ceinture de complices). 

La suite a révélé que les Frères Musulmans (islamistes pro-implantation d'une constitution établissant une charia stricte jusque dans les fondements de la constitution en préparation) étaient les véritables bénéficiaires de la révolution et non plus de libertés pour le peuple. Voir des extraits du projet de constitution ici, avorté par le renversement du nouveau président Morsi, pro-charia sunnite (mon article du 30 juin 2013).

Les erreurs non corrigées ne sont-elles pas la démonstration que les médias professionnels ne font pas bien leur boulot? L'exemple de la photo du jeune Aylan Kurdi dont la photo a fait le tour du monde et dont le nom de famille était en réalité Shenu; un fait noté dès le début par le Nouvel Observateur, mais non corrigé dans la majorité des médias à ce jour. Un seul mot: superficialité (donc non-professionnalisme).

Extrait du journal Liberation.fr, le 3 septembre 2015. Comme quoi, l'erreur a été observée très tôt dans l'affaire d'Aylan. Mais la machine médiatique était partie...


Le non-discernement des enjeux réels en un domaine majeur comme les révolutions récentes dans le monde arabomusulman ne démontrent-elles pas que les médias professionnels peuvent faire preuve d'une grande superficialité, voire de prise de position propagandiste ou au mieux négligente, dans la présentation des certains «faits»? On la vu dans les lectures tronquées à répétition:

  • en Égypte
  • en Éthiopie
  • avec le drame de l'exploitation sexuelle de jeunes filles par des gangs ethniques en Grande-Bretagne, au su des autorités; attesté par plusieurs médias en Europe en août 2014 avec des articles documentés (ex. John O'sullivan dans NationalReview.com, 29 août 2014), dont The Independant (3); presque rien au Québec (mon exposé: Rotherham AU MOINS 1400 FILLES de 11 à 16 ans, VICTIMES DE GANGS PAKISTANAIS musulmans, scandale sorti au grand jour en août 2014). 
  • Lenteurs des médias «mainstream» avant d'admettre le drame de la Syrie et ensuite le manque de soutien pour l'accueil des vraies minorités, pour ensuite favoriser la majorité moins en danger, plutôt que les personnes les plus menacées dans cette partie du monde (non-musulmans, athées, journalistes féministes, etc.).

Et ils osent réclamer une forme d'exclusivité, ou du moins la primauté du web, pour la nouvelle...

«Fact-checking»: Que penser de grands médias qui se couvrent en citant les grands médias pour déterminer les #FAKENEWS ?


Le «Fact-checking» OU la validation des faits n'est pas une vertu et n'est pas soustrait à la partisanerie politique. Par exemple, si un premier-ministre canadien ou du Québec fait pleuvoir les promesses de plusieurs milliards de dollars en dépenses post-électorales (retour au déficit budgétaire annuel) qui iront dans la colonne de la dette pour la prochaine génération, la validation des faits comptera  au pourcentage des «promesses tenues» l'endettement et le retour aux déficits annuels.

Mais surtout, le principe du «Fact-checking» par les médias mainstream, c'est comme un médecin ou un expert-comptable qui auditionne son collègue et qui dans certains cas s'examine lui-même, par exemple, la chronique du média qui s'auto-valide et qui est en fait de l'auto-défense.

Si c'est ce qu'ont trouvé de mieux les médias traditionnels pour survivre au début du millénaire, ils font fausse route.  Comme le croient plusieurs blogueurs ou canaux non traditionnels, celui qui vit de l'information politiquement correcte périra de la même manière (ex. perte de confiance et chute des abonnements).

Trois Américains sur quatre considèrent que les médias prennent position dans la diffusion d'une nouvelle (information) politique ou sociale selon un sondage mené par Pew Research (12 janvier au 8 février 2016). Autrement dit, les sondés considèrent que la grande majorité des journalistes teintent (filtrent) l'angle d'interprétation, ne séparant plus les faits des opinions.
https://twitter.com/pewjournalism/status/819327531383824384



Env. 80% de la presse écrite (imprimée et web) prenait position ouvertement contre Trump ou en faveur d'un autre candidat lors de la course américaine de 2016. Voir à ce sujet la compilation sur le site les-crises.fr du 14 nov. 2016.

Mon constat de ladite compilation à ce sujet :
Si l'on cumule les journaux qui recommandaient de voter pour Hillary Clinton ou de ne pas voter pour Donald Trump, nous avons 77%. Ce pourcentage s'élèvent à 83% si on ajoute la recommandation de voter pour un autre candidat.

Le talon d'Achile médiatique = le financement


La force des géants des réseaux sociaux qui ont grand besoin de financement pour leur rayonnement constitue aussi leur faiblesse. Une mauvaise réputation (ex. accusation par les grands médias) peut entraîner la chute de leur valeur en bourse (ex. pour Google, Youtube, ...).

Ci-dessous, les baisses de revenus sur Youtube d'un canal de droite, suite à une pénalité en fonction du contenu de la droite politique.




Mon blogue personnel, pourtant moins influent, et non sponserisé a quand même semble-t-il connu la même pénalité de classement vers les mêmes dates en raison des algorithmes. Le graphique ci-dessous montre la tendance du nombre des pages vues par blocs d'heures et la rupture soudaine entre les 3 et 4 avril 2017.


Mon blogue est surtout composé d'opinions et d'essais (mini-essais), et je cite mes sources lors de mes analyses. Je ne peux pas logiquement pas être accusé de n'ajouter aucune valeur à l'information, puisque soit je fais de l'opinion ou de l'analyse sociopolitique.

Il est probable que l'internet libre et du peuple alimenté par des contributeurs bénévoles pour le peuple, relève d'un rêve qui a atteint son apogée et est déjà sur son déclin, du moins en politique


L'élection U.S. 2016 nous a appris une chose ou deux sur la nouvelle démocratie

25 NOV. 2016


Essai - Idéologies et guerre des images: les médias ont-ils créé un monstre?
10 SEPT 2015


Grande-Bretagne: les autorités ont couvert des crimes au nom de la rectitude politique

Il a osé questionner des aspects de l'islam
31 AOÛT 2014


Censure d'un cinéaste de la gauche américaine

5 MAI 2012


______________
1.     La BBC et sa guerre à la fausse science: Un enjeu média-éthique majeur


2.     Julie MIVILLE-DECHÊNE. Pour un engagement sérieux à l’égard de la diversité dans les grands médias. 10 chantiers pour l'info - On veut des voix, magazine Le Trente, Vol. 33, numéro 5, mai 2009.
Aussi trouvé sur :  http://www.fpjq.org/10-chantiers-pour-linfo-on-veut-des-voix/
(page consultée le 4 août 2014)

3.  

Comment les médias de la Grande-Bretagne pourraient-ils prétendre avoir fait leur travail, considérant un abus qui dure et qui est toléré au su de plusieurs intervenants sociaux et des autorités depuis plus d'une décennie ?!!! Impossible que de l'information n'ait pas coulé jusqu'aux journalistes. 1400 mineurs abusés et agressés, ce n'est pas 3, ou 10 ou 100! Ça fait un potentiel énorme de parents alertés qui font des signalements à la police.  Et c'est sans compter les jeunes victimes de 16 ans et plus ! Il n'est pas exclu, face à ce très troublant silence, que des personnes influentes parmi l'élite aient profité de ce commerce criminel. La peur pour les intervenants de perdre leur emploi pour accusations de racisme ne peut pas expliquer le silence des médias sur une si longue période et avec autant de victimes.

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